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Les soins infirmiers dans les Forces canadiennes : Lieutenant de vaisseau Jeff Lee

Seul quelqu’un d’exceptionnel peut accepter la poignée de mains d’une personne qui a essayé d’éliminer son unité médicale. Pour le lieutenant de vaisseau Jeff Lee, un infirmier en soins intensifs qui vient tout juste de rentrer de l’hôpital de campagne canadien à Kandahar, il n’y a pas de cadeau plus grand que la gratitude d’un patient, même si ce patient combat pour la partie ennemie.

« Il y a un sentiment d’importance et d’urgence lié à mon travail. Le fait de savoir que j’offre une meilleure qualité de vie à ces personnes en vaut vraiment la peine », de dire le ltv Lee, qui vient de rentrer d’une mission de six mois en Afghanistan auprès du personnel de soutien des services de santé (HSS). Il y a prodigué des soins intensifs et d’urgence aux troupes canadiennes, britanniques et américaines ainsi qu’aux civils afghans. Ses compétences en soins intensifs ont été mises à bon usage, le taux de victimes ayant presque doublé au cours de sa période de service.

Le ltv Lee s’est joint aux Forces canadiennes après avoir obtenu un diplôme à l’Université Mc Gill et travaillé pour une compagnie manufacturière américaine comme ingénieur d’application. Il était attiré par la profession infirmière et les Forces canadiennes « parce que le travail est stimulant, concret et très satisfaisant ». Le ltv Lee, qui détient également un diplôme en météorologie et en physique, voulait travailler dans un domaine qui « offre des services » et qui « n’est pas axé sur les profits ».

Pour travailler à l’étranger, les infirmiers et infirmières des Forces canadiennes doivent faire preuve d’une certaine résilience et de stoïcisme. Se tenir en position debout sous un soleil brûlant pendant plusieurs heures en shorts et coiffé d’un chapeau de soleil, c’est une chose, mais « devoir porter une charge de 20 livres dans des températures estivales moyennes de 58 degrés Celsius peut être franchement horrible », de dire le ltv Lee. Il ajoute qu’il admire les fantassins qui ont à travailler constamment dans de telles conditions.

Même les attaques à la roquette ne parviennent pas à dissuader le ltv Lee et ses collègues, qui continuent de travailler à l’hôpital de campagne jusqu’au déclenchement d’une alarme annonçant que tous doivent porter leur casque et leur gilet pare-balles et se préparer à quitter l’hôpital de campagne pour aller rejoindre la sécurité des bunkers. L’hôpital de campagne est construit sur la piste même afin de permettre l’embarquement et le débarquement des victimes aussi rapidement que possible. Bien que cela soit justifié pour assurer une intervention médicale rapide, le ltv Lee fait remarquer avec une expression de regret que « le fait de dormir sur le segment d’approche finale d’une piste » présente ses propres défis.

Le ltv Lee souligne que le travail acharné et le dévouement sont des caractéristiques que partagent un grand nombre des infirmiers et infirmières qui travaillent avec l’équipe fortement liée des Forces canadiennes. « Les infirmiers et infirmières militaires se portent volontaires pour des quarts de travail de 16 heures afin d’assurer que les blessés puissent retourner chez eux », précise le ltv Lee, qui a l’expérience de la prestation de soins intensifs dans des milieux civils et militaires. Dans les Forces armées, « on constate le sentiment profond de faire partie d’une équipe et d’une famille. Les soldats comptent sur nous et nous comptons sur eux pour nous protéger et nous appuyer et nous permettre de travailler en sécurité dans une zone de guerre. »

L’Afghanistan a été la deuxième mission à l’étranger du ltv Lee. En 2005, il a accompagné la mission de l’équipe d’intervention en cas de catastrophe (EICC) des Forces canadiennes au Pakistan pour y prodiguer des soins médicaux et fournir des ressources de base à des centaines de victimes du tremblement de terre, principalement des personnes âgées et des enfants. Le peloton canadien de soins médicaux est arrivé au début de l’hiver au Cachemire et y est resté pendant deux mois pour préparer la voie aux organismes bénévoles qui prendraient la relève. Le ltv Lee est fier d’avoir fait partie de la première mission de l’EICC et « d’avoir accompagné des naissances et des décès : le yin et le yang de la vie », souligne-t-il.

Le ltv Lee prévoit poursuivre le reste de sa carrière professionnelle au sein des Forces canadiennes, et il se montre philosophe à propos de sa vie dans les Forces armées : bien qu’il aime porter l’uniforme et offrir un service public, il reconnaît que certains peuvent s’irriter des règles et du mode de vie régimenté. Les soins infirmiers dans les Forces armées sont très différents de ceux prodigués dans un établissement civil, précise-t-il, parce que les responsabilités sont plus complexes. « On attend de nous que nous dirigions et menions des troupes, que nous nous préoccupions d’appliquer les règles de la guerre énoncées dans la Convention de Genève et que nous nous acquittions de nos responsabilités en matière de soins infirmiers. » Néanmoins, le ltv Lee ne changerait pas de choix de carrière. « Au cours de mes courtes missions à l’étranger, j’ai vu plus de choses que d’autres n’en verront jamais durant toute leur vie. »


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